Caution en location saisonnière : peut-on en demander une, et comment la retenir ?
Une casserole brûlée, un drap taché, un objet cassé : la caution est censée vous couvrir. Mais en location saisonnière, peut-on vraiment en demander une, de quel montant, et surtout comment justifier une retenue sans que le voyageur la conteste ? Voici ce que dit la loi et comment vous donner les moyens de la retenir, le cas échéant.
Peut-on demander une caution en location saisonnière ?
Oui. En meublé de tourisme, le loueur peut demander au client un dépôt de garantie (la caution) lors de la mise en location. Ce n'est pas obligatoire, mais c'est autorisé et très courant. Et contrairement à la location classique (résidence principale), où la loi plafonne le dépôt, la location saisonnière relève de la liberté contractuelle : aucun montant maximum n'est fixé par la réglementation.
Quel montant, et comment la restituer ?
Le montant est libre : à vous de le fixer dans le contrat, en restant raisonnable au regard de la valeur du logement et de son contenu. Côté restitution, elle a lieu en général en fin de séjour ou dans les jours qui suivent, le délai devant être précisé au contrat.
Vous pouvez retenir tout ou partie de la caution pour couvrir des dégradations causées par le voyageur (hors usure normale) et, si le contrat le prévoit, certaines consommations (eau, électricité, chauffage). Un point essentiel : le voyageur est en droit d'exiger les justificatifs des sommes retenues. Une retenue ne s'impose pas d'elle-même, elle doit être justifiée.
Comment ça marche sur Airbnb et Booking ?
Sur les plateformes, vous ne gérez pas toujours la caution vous-même :
- Airbnb : la plupart des hôtes ne peuvent pas facturer de caution classique. La protection passe par AirCover pour les hôtes et le Centre de résolution : en cas de dégât, vous déposez une demande, et si Airbnb établit la responsabilité du voyageur, son moyen de paiement peut être débité.
- Booking : vous pouvez configurer un dépôt de garantie dans les conditions de votre établissement, depuis l'extranet.
Dans les deux cas, qu'il s'agisse de retenir une caution ou d'obtenir un dédommagement, le principe est le même : il faut prouver que le dégât est nouveau.
Comment justifier une retenue (ou une réclamation) ?
C'est là que tout se joue. Que vous reteniez une caution en direct ou que vous demandiez un dédommagement via une plateforme, vous devez démontrer deux choses : que le dégât existe, et qu'il n'était pas là à l'arrivée. La première est facile (des photos du dégât). La seconde est celle qui manque presque toujours : la preuve de l'état du logement au début du séjour. Sans elle, le voyageur répond que « c'était déjà comme ça », exige vos justificatifs, et votre retenue devient contestable. À lire : litige sur des dégâts, que faire et pourquoi une demande AirCover est refusée.
Comment se donner les moyens de retenir une caution ?
La clé est l'état des lieux d'entrée. Un constat daté de l'état du logement à l'arrivée, et surtout signé par le voyageur, transforme un « c'était déjà là » en dossier solide : le voyageur a constaté et reconnu l'état d'entrée, votre retenue (ou votre réclamation) repose alors sur une preuve plus solide que votre seule parole. C'est ce que permet Mon Check-in : le voyageur scanne un QR code, fait le tour du logement en 5 minutes (état des pièces, photos, signature), et vous obtenez un constat daté et signé, disponible des deux côtés. Le jour où vous devez justifier une retenue, la preuve existe déjà.
Sources
- Service-Public.fr, Location de vacances entre particuliers (meublé de tourisme)
- Airbnb, Cautions requises par Airbnb (Centre d'aide)
- Booking.com for Partners, conditions relatives aux paiements clients
Pour aller plus loin, consultez le centre d'aide Mon Check-in.